Binic - Etables-sur-Mer. Nino recherche un toit chez un senior

 

  • Manon Decreuse, Nino Gimenez et Valérie Raevens.
    Manon Decreuse, Nino Gimenez et Valérie Raevens. | Ouest-France

 

Nino Gimenez a décidé de s’engager dans l’humanitaire, à Madagascar. Pour préparer cette mission, il souhaite être hébergé par un senior et d’échanger sur son action.

Nino Gimenez n’a que 17 ans, mais sait déjà ce qu’il veut faire, dans quelle voie il compte s’engager. Et ce sera celle de l’humanitaire, à Madagascar, en août prochain, avec l’association la Voie de l’humanité, créée à l’initiative de jeunes partis en Haïti, en 1999, et qui œuvre aujourd’hui à développer la citoyenneté des jeunes par leur implication dans des actions de solidarité internationale, toujours en Haïti, mais aussi à Madagascar.

« Nino fait partie d’un groupe de sept jeunes Bretons volontaires de 16 à 20 ans pour participer, cet été, à un chantier de construction d’une cantine à Marotaola, village situé à l’ouest de l’île de Madagascar », précise Manon Decreuse, de la Voie de l’humanité. Ce chantier se prépare à Saint-Brieuc et à Binic-Étables-sur-Mer pendant deux mois, du 15 mai au 14 juillet.

« Plaisir à partager »

Tous les jeunes qui y participent sont de Saint-Brieuc et des alentours, sauf Nino, originaire de Belle-Île-en-Mer. Alors l’urgence est de lui trouver un hébergement, et Nino souhaiterait que ce soit chez un senior.

« J’aime leur compagnie, ils ont des choses à raconter que j’ai plaisir à partager avec eux, confie Nino. Plus qu’un logement, c’est l’idée de partager des moments conviviaux qui m’a plu. » D’où l’idée d’intégrer son projet dans la démarche de cohabitation intergénérationnelle « Un toit, deux générations », lancée dans la commune en octobre 2016. « Ce dispositif correspond tout à fait aux valeurs du projet solidaire », souligne Valérie Raevens, responsable du centre communal d’action sociale (CCAS), « et permettra à Nino de vivre une expérience qui a du sens en France, avant son départ à Madagascar en août ».

La mairie lance donc un appel aux seniors, seuls ou en couple, qui auraient plaisir à accueillir le jeune Nino. « Il s’agit d’une chambre, avec accès à la cuisine et aux sanitaires, mise gracieusement à disposition de Nino, qui participera cependant aux charges d’énergie, eau, gaz, électricité. Une convention sera signée entre la mairie et l’hébergeur », précise Valérie Raevens.

Contact : Valérie Raevens, à la mairie. Tél. 02 96 70 64 18. Mail : ccas@besurmer.fr

« C’est un peu comme chez mes grands-parents »

Elles sont jeunes, elles sont seniors. Elles ont fait le choix de vivre sous le même toit, le temps de l’année scolaire. Ces trois binômes partagent l’expérience « 1 toit, 2 générations ».


Témoignage
« Moi, je veux rendre service à ces jeunes, lance Monique, 77 ans, Lamballaise.Mes petits-enfants ont eu du mal à trouver des logements, alors je sais ce que c’est. » Comme Simone et Claude, Monique a décidé de prendre part à l’opération « 1 toit, 2 générations ». Le principe est simple. Un jeune intéressé par un logement signe une charte pour vivre chez un senior, pendant quinze jours ou six mois, le temps d’un stage ou d’une année scolaire. Trois binômes ont débuté leur cohabitation en septembre, à Lamballe.« Les mineurs sont très demandeurs, mais les jeunes majeurs sont aussi les bienvenus », souligne Catherine Le Bras, de l’Association départementale information jeunesse (Adij) qui mène cette opération sous l’égide de Lamballe communauté.

Un univers familier

Avant de nouer le partenariat, des rencontres ont été organisées en amont.

« C’est important que la confiance se mette en place. Ce n’est pas évident d’accueillir quelqu’un chez soi. Chaque mois, nous prenons des nouvelles pour voir si tout va bien,
détaille Catherine Le Bras. Qui insiste :

C’est un service, pas une agence immobilière. »
Les trois jeunes filles de 16 ans, lycéennes à Saint-Joseph, ont choisi de tenter l’expérience, pour ne pas aller en internat. Maud habite Saint-Juvat.« Je n’avais pas envie d’aller en pension. Surtout que c’est à 55 minutes du lycée. Moi, j’apporte mon petit-déjeuner pour la semaine et je paie mon repas le soir. » Claude, son hôte de 78 ans, sourit :« Je lui ai appris à tricoter ! Et je pourrais lui apprendre un peu la cuisine. » Chez elle, Maud se sent un peu comme chez ses grands-parents.« C’est un univers un peu familier. » Mélanie, elle, vient de Saint-Méenle-Grand. Elle passe la semaine chez Monique.« Elle veut juste ne pas rater sa série préférée à la télévision, alors on s’arrange, rigole la septuagénaire.Sa maman lui fait ses réserves de nourriture pour la semaine. » Originaire de Saint-Samson-surRance, Alicia, est quant à elle, hébergée chez Simone, 84 ans.« Quand je rentre le soir, je fais mes devoirs. Ensuite, on discute. Et puis, chacune fait sa cuisine et on passe à table. Au début, j’avais un peu de mal sans les parents. Maintenant, je me suis habituée. »

Briser la solitude

Les jeunes ont les clés de la maison. La confiance s’est installée. Les parents paient une cotisation de 35 € par mois et une participation aux charges de la maison, à hauteur de 15 € par semaine. Des échanges qui brisent la solitude, une sécurité pour les parents et de belles rencontres, c’est tout cela à la fois « 1 toit, 2 générations ».

 

Ouest France, édition St Brieuc, 19/10/15

 

Senior cherche jeune pour partager logement - Ouest France février 2014
"1 Toit, 2 Générations-Côtes d'Armor" coordonné par l'ADIJ 22

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